Bio

♠ Résolument chanson, alliant de profondes racines blues à la liberté du jazz : Clara Malaterre ne choisit pas et propose un folk contemporain, féministe et émouvant. Elle joue ce qu’elle est (« I play who I am »), sans fioritures mais avec un chant cascadeur qui invente sa propre poésie. Dans le plus simple appareil guitare-voix ou rehaussée d’harmonica, en impro vocale ou avec un.e instrumentiste invité.e, sa musicalité   déborde : ses multiples accordages transcendent les genres, le propos devient dansant – funky politique – sans jamais perdre de vue l’évidence mélodique, propre à faire passer tous les messages.

Clara aborde la guitare à 11 ans et bricole ses premières chansons en s’accordant déjà «au plaisir». La batterie arrive à l’adolescence, dans son premier groupe de rock. Mais c’est par le jazz et les musiques improvisées que se précisent ses envies : les enseignements de Jean-Luc Cappozzo et de Simon Goubert, puis le conservatoire avec Virginie Capizzi et Stéphane Audard l’aident à développer sa technique, révéler sa musicalité. Enfin, l’appui essentiel de la musicienne Anissa Bensalah dont elle assure la première partie en avril 2019 au Café de la Danse lui permet de trouver sa voix/e. Parallèlement, elle participe (chœurs et batterie) à un album du groupe de rock progressif GARAM.

Mais la chanson reste le cap premier. Dès lors, elle se lance dans la composition et l’enregistrement de son premier EP solo, Portraits, sorti en 2018, avec la complicité du musicien et ingénieur du son Arthur de Barochez. Ses textes esquissent des instants de vie et d’émotion, inspirés de personnes réelles, traversés par une conscience politique : ses études de philosophie et sociologie du genre ont infusé son écriture, mêlant son et sens, parole concernée et poétique. La presse chanson (Francofans, Hexagone) salue le disque, une résidence artistique – dispositif Décibels – lui permet d’enrichir encore son jeu. Un deuxième EP (5 titres) intitulé Points cardinaux est en cours de finalisation. Et les concerts s’enchaînent. Sur scène, accompagnée par Baby et Finette, fidèles guitares, elle propose un répertoire éclectique ponctué d’improvisations : toujours avec une légère gravité ; mais sans jamais se départir d’un groove sous-jacent, sa marque de fabrique.

« I play who I am » : la phrase de Maggie Nicols, performeuse free-jazz, résonne comme une prière – un horizon à atteindre. Chanter au plus juste ce qui émeut, avec ce pouvoir inouï de toucher le cœur par l’oreille. Chercher au plus profond de soi la façon d’exprimer l’amour, celles et ceux que l’on a chéris, les lieux qui nous façonnent, pour révéler la force qui en émane. Se choisir des référents musicaux et en être digne, qu’ils soient d’outre-Atlantique (Joni Mitchell, Ani DiFranco) ou d’ici (Camille, -M- ). Et puiser dans un répertoire immémorial : ne plus savoir si ce standard s’intitule Nature Boy ou Étrange Garçon, s’il appartient à Nat King Cole, Suzy Solidor, ou d’autres encore. Assumer l’un et l’autre pour mieux le/se réinventer, sans plus se soucier du genre.

 N.B